QUelle est la différence entre confiance en soi et estime de soi ?
Selon certaines définitions ou point de vue la confiance en soi serait quelque chose (comme une qualité) qui se développe, se renforce jusqu'à atteindre un espèce de sommet ou de graal.
Et qu'une fois ce sommet atteint, on est forcément plus sûr de soi, on ose davantage, on prend systématiquement sa place, on parle avec assurance, on n'a plus peur du regard des autres...
Et si la confiance en soi était quelque chose de plus subtil ?
Et si elle ne consistait pas tant à devenir plus fort.e ou performant.e ou plus prêt.e face à notre environnement qu’à revenir à soi ?
Revenir à notre histoire, à nos expériences, à ce que nous avons appris, à nos ressources, à nos valeurs ou encore à nos ressentis.
Et peut-être surtout, revenir à la manière dont nous nous regardons.
Je m'explique...
Selon moi, (du moins ma propre expérience) la confiance en soi est interconnectée à l'estime de soi et souvent c'est pour cela que nous confondons les deux.
Dans les accompagnements que se réalisent, je m'aperçois que la plupart du temps les personnes portent un regard jugeant voir maltraitant sur elle même. Ces mêmes personnes sont pourtant dotées de tout un tas de ressources personnelles. Bien souvent elles savent traverser les tempêtes. Pour autant le regard qu'elles portent sur elle est dévalorisant, méprisant et négatif.
Ces personnes n'ont pas d'amour pour elles-mêmes alors qu'elles pensent ne pas avoir confiance en elles.
La confiance est juste à côté (ou en dessous de l'estime je ne sais très bien). Elle est reliée aux ressources personnelles de chacuns. C'est à dire toutes nos capacités : à parler, à se déplacer, à apprendre, à évoluer, à traverser, à perdre, à retrouver, à grandir, à traverser,... La vie nous enseigne et nous offre de nouvelles ressources en permanence. Alors à moins de ne pas vivre... nous avons tous de belles ressources personnelles. Seulement voilà, personne ne le considère de cette façon...
Selon certaines façons de voir les choses, la confiance en soit est un but à atteindre qui ferait de nous de super-ultra-humain genre invincible capable de tout traverser et de tout réussir sans difficulté, sans peine ou sans heurts...
La vie ce n'est pas cela, me semble t-il, car je peux avoir confiance en moi c'est à dire reconnaître que je possède de belles ressources intérieures pour autant je peux avoir peur, je peux douter, je peux me poser des questions et hésiter, je peux être triste etc...
Je reste un Humain...
Par contre, si j'ai de l'estime pour moi alors je ne jugerait pas ce qui me traverse comme négatif. Je porterai un regard bienveillant sur les doutes qui m'habitent pour pouvoir m'auto rassurer. J'accueillerai mes peurs comme des messagères qui m'indiquent où aller ou comment prendre soin de moi.
L'estime de soi : la qualité de l'énergie que je m'adresse
Pour moi, l'estime de soi touche à quelque chose de très intime. C'est la valeur que je me reconnais.
Mais j'aime aussi la penser autrement : L'estime de soi, c'est notre capacité à nous envoyer à nous-mêmes une énergie d'amour.
Une énergie qui dit :
- "Je mérite mon propre respect."
- "Je mérite ma propre attention."
- "Je peux prendre soin de moi."
- "Je peux m'accueillir telle que je suis aujourd'hui."
Cela ne signifie pas que je m'aime tout le temps, ni même plus que quiconque. Juste je m'aime.
Cela ne signifie pas non plus, que je trouve tout parfait chez moi.
Cela signifie que, même lorsque je rencontre mes limites, que je fais des erreurs, ou que je suis face à mes fragilités, je ne retire pas l'amour de moi. L'amour que j'ai pour moi n'est pas conditionné!
Et cela change profondément la relation que nous entretenons avec nous-mêmes.
Parce que lorsque notre regard intérieur est constamment critique, nous pouvons difficilement nous sentir en sécurité avec nous-mêmes.
Quand l'estime de soi fait défaut et que nous portons ce regard dure voir malveillant, nous pouvons alors adopter des comportements qui ne sont pas vraiment alignées tels que avoir besoin de prouver, de se justifier, de réussir parfaitement, de plaire à tout pris, de faire mieux que les autres, d'être validé par autruis, de suivre l'avis des autres sans se demander ce qui est bon pour soi...
Comme si notre valeur dépendait en permanence de ce que nous accomplissons ou ce que pense les autres de nous.
Cultiver l'estime de soi, nous invite à revenir à une autre place :je n'ai pas besoin de mériter ou de prouver ma valeur.
Ma valeur n'est pas une récompense à obtenir. Elle est et c'est tout !
Alors la confiance en soi dans tout ça?
La confiance en soi peut alors se développer sur ce terreau de l'estime de soi et vise versa la confiance peut nourrir l'estime de soi. Une alliance peut naître.
Si l'estime de soi dit : « Je suis digne d'amour et de respect. »
La confiance peut venir dire : « Je peux m'appuyer sur moi pour avancer. »
Et inversement
Si la confiance en soi dit : " Je vais réussir à dépasser cette peur"
L'estime de soi peut ajouter : " Je peux être fière de moi"
La confiance en soi a son propre fonctionnement. Elle s'appuie sur ce que j'ai vécu, sur mes expériences, sur les apprentissages issus de ces expériences, sur mes capacités qui deviennent des ressources. Elle peut aussi s'appuyer sur la connaissance que j'ai de moi même.
La confiance ne me promet pas que je vais réussir. Elle ne me dit pas que je ne vais jamais me tromper.
Elle me donne plutôt la sensation intérieure que, même face à l'inconnu, je pourrai chercher, apprendre, m'adapter, demander de l'aide, recommencer.
Je peux compter sur moi. Et cette sensation ne vient pas de nulle part.
Elle se construit aussi à partir de notre histoire.
Notre histoire est une réserve de ressources
Lorsque nous manquons de confiance et/ ou d'estime de soi, nous avons souvent tendance à regarder uniquement ce que nous ne savons pas encore faire.
Nous oublions tout ce que nous avons déjà appris. Tout ce que nous avons traversé. Tout ce que nous avons développé.
Nous oublions que nous avons changé de nombreuses fois au cours de notre vie.
Que nous avons rencontré des situations nouvelles. Que nous avons parfois dû nous adapter sans savoir comment. Que nous avons pris des décisions pas toujours faciles. Que nous avons recommencé. Que nous avons fait des erreurs et appris. Que nous avons parfois trouvé en nous des ressources que nous ne soupçonnions même pas.
Notre parcours est rempli de ces expériences.
Elles constituent une forme de bibliothèque intérieure dans laquelle nous pouvons puiser.
Dans cette bibliothèque il y a les événements heureux et gratifiants de notre vie, ceux qui nous font croire que nous sommes de bonnes personnes et il y aussi les événements plus douloureux voir traumatiques, ceux qui nous font croire que nous ne sommes pas une bonne personne...
Or nous ne le disons pas assez mais c'est dans les moments les plus sombres que nous développons nos plus belles ressources. Cela n'est pas perceptibles car quand nous sommes au coeur de la tempête, nous essayons juste de ne pas boire la tasse et non à se dire "super je sortirai de cette expérience grandit" et pourtant ça sera le cas...
En effet, ...
- Une expérience difficile peut avoir développé notre capacité d'adaptation.
- Une rencontre toxique peut avoir éveillé notre sensibilité.
- Un changement peut nous avoir appris à lâcher prise.
- Une erreur peut avoir développé notre discernement.
- Une période de solitude peut nous avoir rapprochés de nous-mêmes.
- Une épreuve peut avoir révélé une force que nous ne connaissions pas.
Cela ne signifie pas que toutes les expériences difficiles sont nécessaires ou qu'il faudrait donner du sens à tout.
Mais notre histoire contient des apprentissages.
Et apprendre à les reconnaître, c'est aussi apprendre à reconnaître qui nous sommes devenus et ainsi qu'elle est notre valeur. Nous revenons donc à l'estime que nous nous portons.
Et si tout cela dépendait du regard que nous portons sur les choses?
Peut-être que nous n'avons pas toujours besoin de faire davantage pour avoir davantage confiance .
Peut-être avons-nous juste besoin de regarder autrement ce que nous avons déjà fait.
Il y a une différence immense entre : « Je me suis trompée, je suis nulle. » et : « Je me suis trompée. Qu'est-ce que cette expérience peut m'apprendre ? »
Entre : « Je n'ai pas réussi. je n'y arriverai jamais» et : « Cette fois, cela n'a pas fonctionné. Qu'est-ce que je peux ajuster ? »
Entre : « Je n'ose pas parce que je ne sais pas faire. » et : « J'ai peur parce que je suis face à quelque chose d'inconnu. Je peux avancer à mon rythme. »
(j'ai encore pleins d'autres exemples en réserves j'en entend tous les jours...)
Le regard que nous portons sur nous-mêmes est un véritable espace de transformation.
La manière dont j'interprète ma propre histoire peut influencer la confiance et l'estime que j'ai de moi même.
Si chaque erreur, chaque doute, chaque peur, devient une preuve de notre incapacité, nous fragilisons notre intériorité. Il devient alors insécure et méfiant.
Si chaque expérience devient une occasion de mieux nous connaître, nous construisons un espace intérieur sécure et optimiste alors peu à peu un autre rapport à nous-même s'installe.
Se parler autrement, une clef de transformation intérieure...
C'est dans l'espace du dialogue intérieur que l'estime de soi et la confiance en soi se rejoignent et peuvent faire alliance.
- Comment est-ce que je me parle lorsque je me trompe ?
- Comment est-ce que je me regarde lorsque je n'atteins pas mon objectif ?
- Comment est-ce que je me traite lorsque je suis fatiguée, perdue ou vulnérable ?
- Est-ce que je m'envoie de l'amour uniquement lorsque je réussis ?
- Ou est-ce que je suis capable de rester en lien avec moi-même lorsque les choses sont plus difficiles ?
Parce que l'amour que nous nous portons ne devrait pas être conditionné à notre performance. (Ok je l'ai déjà dit plus haut mais j'insiste c'est important ;-) )
Nous pouvons nous aimer et vouloir évoluer.
Nous pouvons nous respecter et reconnaître nos erreurs.
Nous pouvons nous accepter et chercher à changer.
Nous pouvons avoir de l'estime pour nous-mêmes sans avoir besoin de nous trouver parfaits.
C'est peut-être cela, la bienveillance envers soi : ne pas se demander d'être différent pour mériter notre propre amour.
La confiance peut alors s'exprimer de façon plus douce.
- « Je ne sais pas encore. Mais je peux m'écouter. »
- « J'ai peur. Mais je peux avancer doucement. »
- « Je me suis trompée. Mais je peux apprendre. »
- « Je ne peux pas tout faire seule. Mais je peux demander de l'aide. »
- « Je ne connais pas la suite. Mais je peux faire confiance à mes ressources. »
C'est une confiance qui ne cherche pas à impressionner juste à vivre et à expérimenter.
En résumé: l'estime de soi et la confiance en soi sont deux mouvements distincts qui peuvent faire alliance.
Peut-être pourrions nous les voir comme deux mouvements complémentaires.
L'estime de soi me ramène vers moi.
Elle me permet de me reconnaître, de m'accueillir, de me respecter et de m'envoyer cette énergie d'amour dont j'ai besoin pour me sentir suffisamment en sécurité intérieurement.
La confiance en soi me permet ensuite d'aller vers le monde.
Elle me permet de mobiliser mes ressources, de prendre des décisions, d'expérimenter, de créer, de rencontrer, d'oser.
L'estime nourrit la racine.
La confiance permet au mouvement de se déployer.
Et plus je me sens en lien avec moi-même, plus je peux avancer sans avoir besoin de me trahir pour être reconnue.
Revenir à ce moi intérieur sécure
Alors peut-être que la question n'est pas : « Comment faire pour avoir davantage confiance en moi ? »
Mais plutôt : « Comment puis-je revenir davantage à moi ? »
- Comment puis-je reconnaître tout ce que mon histoire a déjà développé en moi ?
- Comment puis-je regarder mon parcours avec davantage de douceur ?
- Comment puis-je reconnaître mes ressources au lieu de ne regarder que mes manques ?
- Comment puis-je me parler avec respect ?
- Comment puis-je m'envoyer da vantage d'amour, même lorsque je doute ?
Et peut-être que la confiance commence précisément ici. Dans cette relation que je construis avec moi-même.
Dans cette capacité à me regarder sans me juger constamment, à reconnaître mes expériences, à honorer mon chemin, à accueillir mes fragilités et à me rappeler que je possède des ressources personnelles.
Et à me dire : « Je n'ai pas besoin d'être parfait.e pour être digne d'amour. Je n'ai pas besoin de tout savoir pour avancer. Je n'ai pas besoin de réussir pour avoir de la valeur. Je peux apprendre. Je peux évoluer. Je peux me tromper. Je peux recommencer. Et dans tout cela, je peux rester à mes côté. »
Peut-être que c'est cela, finalement, le véritable retour à soi.
Apprendre à devenir pour soi-même un espace suffisamment doux, aimant et sécurisant pour pouvoir ensuite aller à la rencontre du monde avec davantage de confiance.
Parce que lorsque je cesse de me battre contre moi-même, quelque chose se libère.
Je n'ai plus autant besoin de prouver.
Je peux simplement être, ressentir, choisir, expérimenter et avancer.
Avec ce que je suis.
Avec ce que j'ai vécu.
Avec ce que j'ai appris.
Et avec toutes ces ressources qui, parfois, étaient là depuis longtemps… mais que je n'avais pas encore appris à regarder.
Aimez vous ! Prenez conscience de toutes les belles ressources intérieures que vous possédez déjà!
Love
Marie-Julie